Arguments
De quoi s’agit-il ?
Le Conseil fédéral a négocié deux nouveaux accords de libre-échange avec la Malaisie et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay). Ces accords mettent en danger la forêt tropicale et, par là, le climat et des espèces animales menacées d’extinction. Ils favorisent le travail forcé et la maltraitance animale et mettent les paysan·nes suisses en concurrence avec des importations à bas prix.
Le libre-échange peut amener davantage de prospérité, mais celle-ci doit profiter à tou·tes et ne doit pas se faire au détriment des humains et de l’environnement. Les chapitres sur la durabilité figurant dans ces accords sont insuffisants : ils ne prévoient pas de mécanismes efficaces pour agir contre les violations des droits humains ou la destruction de l’environnement. Nous voulons une politique commerciale qui renforce les droits humains et les normes environnementales au niveau international plutôt que de promouvoir des produits fabriqués en recourant au travail forcé ou à partir de matières premières provenant de zones déboisées.
Arguments
Protéger la forêt tropicale de la déforestation
Les forêts tropicales de Malaisie et d’Amazonie sont des écosystèmes vitaux et des habitats pour d’innombrables espèces animales et végétales menacées, qui subissent déjà une pression massive. En accordant des droits de douane réduits sur l’huile de palme ou la viande bovine, la Suisse crée de nouvelles incitations à la déforestation de la forêt tropicale et contribue à ce processus.


Protéger l’agriculture
En signant les deux accords de libre-échange avec la Malaisie et les pays du Mercosur, la Suisse s’engage à réduire les droits de douane sur les produits agricoles comme la viande bovine ou l’huile de palme. Or, ces produits font justement partie des principaux facteurs de la déforestation. En outre, les pays du Mercosur appliquent des normes souvent moins strictes concernant l’utilisation d’antibiotiques dans la production de viande ou de certains pesticides dans la protection des cultures et dans l’élevage. Les accords risquent de faire augmenter les importations en Suisse d’huile de palme et de viande bon marché produite dans de mauvaises conditions. Cette situation met sous pression les producteurs locaux d’huile de colza et de viande, qui doivent respecter des exigences plus strictes en matière d’environnement et de protection animale, et constitue une menace pour la qualité et la durabilité de la production agricole.
Non aux produits issus du travail des enfants ou du travail forcé !
Des communautés indigènes sont chassées de leurs terres et leurs moyens de subsistance sont détruits au bénéfice de la production agricole industrielle. De nombreux cas de travail forcé et de travail des enfants ont par ailleurs été documentés dans des plantations de palmiers à huile en Malaisie et de café au Brésil. La Suisse ne devrait pas accorder de facilités douanières lorsque le droit du travail et les droits humains reconnus au niveau international ne sont pas respectés.


Non aux accords bénéficiant uniquement aux multinationales pharmaceutiques et agroalimentaires !
L’accord oblige la Malaisie à adopter des règles plus strictes en matière de protection de la propriété intellectuelle portant par exemple sur les médicaments ou les semences. Il profite surtout aux grandes multinationales pharmaceutiques et agroalimentaires comme Syngenta, tandis que les moyens de subsistance des communautés indigènes sont menacés et les droits à l’alimentation et à la santé de la population malaisienne bafoués.
Pour une politique commerciale responsable
Ces deux accords ne prévoient aucun mécanisme efficace et juridiquement contraignant pour lutter contre les infractions aux normes environnementales et les violations des droits humains. Pour être considérée comme responsable, une politique commerciale a besoin de règles claires et applicables et doit définir de véritables conséquences en cas d’infraction, lorsque la forêt tropicale est détruite ou que les droits humains sont violés.
